Cas clinique de chirurgie implantaire guidée : réhabilitation implantaire dans le secteur antérieur

La chirurgie implantaire guidée apporte sécurité et précision au geste chirurgical particulièrement dans le secteur antérieur esthétique. Naturellement, les objectifs fonctionnels sont importants et primordiaux en implantologie, mais il est tout aussi capital de considérer dans le même temps les objectifs esthétiques.

Nous allons illustrer le rôle du guide chirurgical avec ce cas de remplacement de la 12.

Anamnèse et motif de consultation

Figure 1 : Photo extra-buccale montrant la 12 traumatisée en extrusion avec la gencive tuméfiée

Un patient âgé de 37 ans et en bon état de santé générale a consulté suite à un traumatisme subi sur la 12.

Examen clinique

L’examen clinique met en évidence une contusion ainsi que l’extrusion de la 12.

Décision thérapeutique et plan de traitement

Les éléments issus de l’anamnèse et des examens clinique et radiographique ont permis d’élaborer un plan de traitement :

  • Extraction de la 12
  • Motivation à l’hygiène
  • Assainissement parodontal
  • Pose d’un implant enfoui en 12 avec sa vis de couverture
  • Comblement osseux avec du Bio-Oss®
  • Mise en place d’une prothèse provisoire amovible en résine
  • Mise en fonction de l’implant en 12 avec une prothèse provisoire transvissée
  • Prothèse définitive supra-implantaire transvissée

Phase pré-opératpoire

Planification implantaire numérique

L’implant est positionné selon le projet prothétique, la quantité et la qualité de l’os résiduel tout en respectant les règles de sécurité (distance entre l’implant et les dents adjacentes…)

Figure 2 : Positionnement de l’implant : vue panoramique

 

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Figure 3 : Visualisation de la position de l’implant sur toutes les coupes du cone beam

 

Le projet prothétique numérique réalisé en amont de la planification est un temps capital dans l’aboutissement du traitement implantaire antérieur à visée esthétique.
Il a différents objectifs :
  • Visualisation du résultat final et vérification de l’intégration harmonieuse de la dent à réaliser ;
  • Validation de l’indication implantaire par rapport à d’autres thérapeutiques ;
  • Vérification de la nécessité d’aménagement tissulaire pour assurer un bon résultat esthétique ;
  • Validation de la cohérence entre l’anatomie osseuse et la future prothèse (indication ou non de greffe osseuse) ;

Le rapport chirurgical :

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Figure 4 : Rapport chirurgical

 

Chirurgie implantaire

Essayage du guide

  • Essayage du guide en bouche
  • Vérification de sa stabilité et de sa parfaite adaptation grâce aux fenêtres d’inspection

Pose de l’implant

  • Élévation d’un lambeau de petite étendue
  • Premier forage effectué avec le guide chirurgical
  • Le reste de la séquence de forage est réalisé sans guide
  • Pose d’un implant 3,6*12 en position sous-crestale, contre la paroi palatine laissant un espace vestibulaire entre la corticale et la face vestibulaire de l’implant permettant un comblement osseux au Bio Oss

Comblement osseux

  • Mise en place de la vis de couverture pour éviter le passage du produit de comblement dans l’implant
  • Comblement de l’espace résiduel entre l’implant et la table vestibulaire avec du Bio-Oss®

    Figure 5 : a. Essayage du guide pilote 3Dcelo avec sa douille de ⌀2mm, b. Pose de l’implant en position sous-crestale et serrage à 35Ncm, c. Comblement vestibulaire  au Bio Oss®

Contrôle Radiologique :

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Figure 6 : a. Position planifiée de l’implant (coupe à partir du cone beam), b. Superposition des deux cone beam de la planification et de la position finale, c. Position finale de l’implant en bouche (coupe à partir du cone beam)

Phase prothétique

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Figure 7 : Prothèse amovible provisoire

Prothèse provisoire

Mise en bouche d’un appareil amovible provisoire en résine d’un élément, évasé en regard de la ROG vestibulaire pour faciliter la cicatrisation. La prothèse provisoire est préparée en amont de la chirurgie au laboratoire à partir du modèle de travail. Elle permet de remédier temporairement au problème esthétique en attendant la mise en fonction de l’implant.

Conclusion

Dans les cas d’implantologie dans le secteur antérieur, le positionnement implantaire se doit d’être précis afin de ne pas hypothéquer le résultat final. Un mauvais positionnement implantaire peut effectivement engendrer des désagréments lors de la restauration définitive. Il s’agira donc d’être précis dans le transfert de la planification implantaire numérique : nul doute que la chirurgie guidée doit participer à ce type de traitement afin d’optimiser le résultat.

Références

Noharet, Renaud. (2014). Secteur Antérieur et Implants : Défi esthétique.

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