Le sinus lift [ 1/2 ]

La pose d’implants dans le secteur postérieur maxillaire est un challenge en implantologie. Il l’est d’autant plus quand il existe une faible densité osseuse et une résorption importante dans le sens horizontal et vertical de l’os alvéolaire à la suite d’extractions (surtout au niveau des sinus). La technique d’élévation par augmentation du plancher sinusien apporte la solution à ce problème en délivrant un espace qui sera comblé par un matériau osseux. Cela permet ainsi d’augmenter l’épaisseur de l’os sous-jacent et la pose d’implants à ce niveau.
Dans cet article, nous allons définir le concept de sinus-lift, détailler son mode opératoire, exposer ses indications et ses avantages. Nous développerons également les suites opératoires et les éventuelles complications qui lui sont associéesen passant par les différentes techniques opératoires.

Sinus lift : Définition


L’augmentation du plancher sinusien maxillaire ou SINUS LIFT, appelé également greffe des sinus, est une procédure chirurgicale qui consiste en l’élévation de la membrane inférieure de Schneider qui tapisse le sinus maxillaire.
La membrane sinusienne soulevée, il est alors possible de réaliser une greffe osseuse dans le sinus maxillaire en vertical et horizontal en vue de poser un implant  simultanément ou ultérieurement, atteignant une certaine stabilité primaire.

Cette intervention a pour objectif de préparer l’os maxillaire à recevoir des implants dentaires au niveau des prémolaires et molaires (appelées aussi dents antrales).
Le praticien est souvent confronté à ce genre de situations. En effet,lors d’une extraction ou perte d’une dentle site est siège d’un remaniement osseux, l’os non stimulé par la fonction commence à se résorber petit à petit pendant la période de cicatrisation et la crête édentée s’atrophie au fur et à mesure. Cela entraîne une perte de hauteur et de largeur de l’os environnant. De plus, ce processus biologique ajouté à la pression de l’air contenue dans ce couloir osseux peuvent engendrer une descente du sinus avec un plancher qui se dilate et un os sous jacent trop fin. Dans l’ensemble, cela conduit à une perte de volume d’os disponible nécessaire à la pose d’implants dentaires basée sur le principe de l’ostéointégration.

 Sinus-lift : Technique opératoire standard


Préalablement à la chirurgie, il faut procéder à un examen radiologique du patient candidat à un sinus lift.

Tout d’abord, un examen panoramique doit être effectué, complété par un examen CBCT (CÔNE BEAM) pour mesurer la hauteur et la largeur de la cavité sinusienne et déceler des éventuelles pathologies à ce niveau.
Une fois l’examen effectué et l’opération validée, la membrane de Schneider est soulevée. L’espace créé entre la membrane et le plancher sinusien basal est ensuite comblé avec des copeaux osseux dérivant de l’os autologue ou de l’os exogène, qui peut être d’origine animale (bovine/porcine) ou d’origine humaine, ou avec des substituts osseux synthétiques.
Dans les mois qui suivent, ce greffon se décomposera, se résorbera, et sera remplacé par de l’os néoformé ce qui aboutira à un épaississement osseux du plancher sinusien.

Aperçu historique et évolution des matériaux osseux


La première procédure de sinus lift a été réalisée par O.H.Tatum en Février 1976 en Alabama. Elle a été suivie de la mise en place réussie de deux implants endo-osseux. Le protocole introduit par Tatum a été modifié par Boyne en 1980. Depuis, les matériaux osseux utilisés ne font qu’évoluer.
Plusieurs techniques et matériaux osseux ont alors été proposés, tel l’os autogène.

Celui-ci , essentiellement en forme de copeaux, est doté de propriétés ostéo-inductrices avec libération de protéines morphogénitiques et des facteurs de croissance. En revanche, la procédure est lourde car elle nécessite un deuxième site opératoire. C’est pourquoi des substituts osseux ont été proposés afin de simplifier la procédure chirurgicale entre autres :
– les greffes allogènes grâce à l’os de banque humain
– les greffes alloplastiques synthétiques
– la xenogreffe, utilisant le plus souvent des substituts d’origine bovine tel que le Bio-oss ou encore des combinaisons de ces différents types.
Ces substituts osseux ostéo-conducteurs, associés ou non à de l’os autogène ostéo-inducteur, permettent de maintenir dans une position haute la membrane de Schneider, et apporte une bonne reconstruction osseuse. Tous ces substituts seront plus ou moins résorbés, grâce à l’angiogenèse, dans un délai plus long que l’os autogène (9 à 12 mois minimum), remplacé par un os natif.
Depuis plusieurs années, certaines techniques ont été proposées pour augmenter le potentiel ostéogénique du matériel de comblement et ainsi l’ostéointégration des implants. Par exemple, nous pouvons citer les Bone Morphogenitic Proteins (BMP) contenues dans le PRP (plasma riche en plaquette) qui constituent une source autogène de concentré plaquettaire. Le PRF (platelet Rich fibrin), qui représente un concentré plaquettaire vingt fois supérieur au sang circulant, peut également augmenter le potentiel ostéogénique.

Différentes techniques opératoires


Il existe différentes variations de sinus lift : la technique par abord latéral et la technique par abord crestal.

Technique de sinus lift traditionnelle ou sinus lift direct externe EDS ou technique par abord latéral par fenestration osseuse


Cette technique remonte au milieu des années 1970 et plus précisément à l’année 1977. Elle a été réalisée pour la première fois par l’implantologiste Hilt Tatum.
Ce sinus lift est indiqué dans les cas d’une hauteur osseuse résiduelle faible ne dépassant pas les 4 mm. Il permet de réaliser des greffes de volume important car il permet un large accès avec une visibilité maximale de la zone opératoire.

Un lambeau de la gencive est décollé afin d’exposer la paroi osseuse latérale du sinus maxillaire. Ensuite, la paroi latérale fine de la cavité sinusienne est affaiblie, au moyen d’un foret diamanté en forme de boule, en créant une ligne périphérique dans une région d’environ 1-2 cm² de sorte qu’elle puisse être poussée comme une coquille d’œuf. La muqueuse sinusienne de Schneider exposée (adhérant à la partie intérieure) est ensuite soulevée à l’intérieur vers le haut («lifting»).
Pendant l’étape suivante, la membrane est séparée de l’os sous-jacent et un matériau de greffe osseuse est placé au niveau de l’espace plus ou moins grand ainsi créé.
La gencive est suturée et la période de cicatrisation nécessaire est de 4 à 12 mois.
Les études montrent que la formation d’un caillot sanguin dans l’espace créé permet une néoformation osseuse selon les principes de la ROG.
C’est dans cette couche osseuse épaissie que les implants prévus seront posés en une seconde étape d’intervention. D’après la littérature, le risque d’une blessure de membrane varie entre 55% à 60%.
Le taux de réussite à long terme de ce genre de technique chirurgicale est estimé à 94%.
 Restez connecté pour connaitre les autres techniques opératoires du sinus lift dans notre article de la semaine prochaine !

1 commentaire

  1. Onlinepharmacy sur 18 septembre 2018 à 21 h 12 min

    Par Dr. Hanine Klouz, thank you for your blog post.Really thank you! Awesome.

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