Tout savoir sur la connexion implant-pilier [ 2/2 ]

Dans notre article sur la connexion implant-pilier, nous avons souligné les différents types de connexions implantaires. Ces dernières sont répertoriées dans deux grandes familles selon leur morphologie : les connexions externes (qui sont apparues en premier historiquement) et  les  connexions  internes.

Une autre notion  entre en jeu  dans  la  classification  des  connexions : la  notion  de comportement mécanique, on parle alors de connexion active ou passive.

Entre connexion externe, interne ou encore cône morse le choix peut s’avérer difficile.

Dans cet article, nous allons détailler les critères d’une connexion idéale puis dresser une comparaison des trois principales familles de connexions implant-pilier.

 

Critères d’une bonne connexion

Les caractéristiques principales d’une bonne connexion implant-pilier sont d’ordre esthétique, biologique et mécanique.

Résistance Mécanique

La solidité de la connexion est conditionnée par différents paramètres ;

La stabilité (absence de dévissage), la dureté du matériau permettant de limiter l’usure, sa rigidité (pas de déformation lors de la mise en place du pilier) et enfin sa résistance aux forces masticatoires une fois l’implant mis en charge (résistance au cisaillement, à la flexion et à la fatigue).

Le titane est le gold standard des matériaux utilisés pour les connexions implant-pilier. Par ailleurs, les piliers en zircone ont eux aussi prouvé leur efficacité dans ce type d’applications mais leur indication est limitée aux restaurations unitaires antérieures où les forces occlusales sont inférieures à leur limite de fracture.

Implant à connexion interne (le fil dentaire)

Implant à connexion interne (le fil dentaire)

Résistance aux micro-mouvements

Les connectiques implantaires soumises aux contraintes occlusales sont sujettes à des micro-mouvements, qu’il est important de réduire au maximum car ils risquent d’entraîner une détérioration ou un dévissage précoce des connections et à long terme causer une perte osseuse crestale et entraver la cicatrisation osseuse.

En outre, ces micro-mouvements sont responsables d’une ouverture du micro-hiatus associée à un phénomène d’abrasion avec libération de micro-particules (éventuelles sources d’irritation pour l’espace biologique et les tissus péri-implantaires).

La biocompatibilité de la connexion

Le titane est la référence en terme de biocompatibilité. Toutefois des piliers en céramique peuvent être indiqués pour les secteurs antérieurs pour des raisons esthétiques, car ceux en titane peuvent donner une teinte grisée à la gencive notamment dans les cas de gencive fine.

Herméticité et notion de micro-gap

La connexion idéale doit offrir une bonne étanchéité, afin de limiter la colonisation bactérienne responsable de complications infectieuses.

Le micro gap (ou micro-hiatus) est l’espace qui existe au niveau des jonctions implantaires, il peut varier de 1 à 60 μm. Il se situe à l’interface entre le pilier et le col implantaire.

Les études scientifiques ont démontré l’existence au niveau ce micro gap d’une infiltration bactérienne anaérobie, notamment par des espèces responsables de péri-implantites.

Implant à connexion externe (le fil dentaire)

Implant à connexion externe (le fil dentaire)

L’ergonomie

Les connectiques implantaires doivent être mises en place d’une manière simple et rigoureuse par le praticien. De ce fait, le positionnement des piliers doit être reproductible et contrôlable si possible sans radiographie et avec le moins d’instruments possibles notamment au moyen d’un système d’indexation pour retrouver rapidement le positionnement du pilier.

En outre, la connexion doit permettre une prise d’empreinte aisée et rapide.

Elle doit également permettre de modifier l’axe prothétique par rapport à l’axe implantaire et être démontable afin de permettre une ré-intervention ultérieure.

Enfin, il est important d’avoir une adaptabilité aux différentes situations cliniques.

Esthétique

La connexion idéale doit permettre un rendu esthétique optimal et biomimétique. C’est ce qui justifie l’utilisation de matériau comme la zircone et le choix de certaines formes de connexion.

 

Connexion interne versus connexion externe

 ExterneInterne
Surface de contact
Surface de contact implant-pilier pas très importante
Surface de contact implant-pilier plus importante
Résistance mécanique aux forces de dévissage
Torque de 60Nm : connexion externe plus mobile que l'interne Torque de 80Ncm : connexion détruite
Grande résistance des connexions pour des torques de 60N ou 80N
Répartition des contraintes
La plupart des contraintes sont concentrées au niveau du col implantaire, en regard de l'espace biologique
Irritation possible de l’espace biologique
Contraintes biomécaniques mieux réparties au sein de l'implant et mieux redistribuées au sein de l'os
Pénétration bactérienne et micro-hiatus
60% des connexions externes présentent une contamination d’après une étude scientifique30% des cône-morses sont contaminés d’après la même étude
StabilitéRéduiteImportante

Intérêt du cône morse

Tous les systèmes de connectiques implantaires présentent un micro-hiatus agrandi par les contraintes masticatoires subies sur les reconstitutions prothétiques implanto-portées.

Ces connectiques font que les forces sont mieux réparties au niveau de l’os alvéolaire, mais plus concentrées au niveau du pilier lui-même.

Les cône-morses répartissent ces contraintes sur une hauteur plus grande.

Les connectiques de type cône-morse modifié (cône de centrage) permettent grâce à une conicité moins marquée, de conserver une adaptation parfaite, passive, et étanche du pilier sur l’implant, tout en autorisant de travailler en zircone et en facilitant les essayages.

La friction augmente également la stabilité des cones morses.

 

Dans l’ensemble, les connexions internes et plus particulièrement de type conique semblent donner de meilleurs résultats, en permettant notamment un positionnement infra-osseux.

Type de connexionAvantagesInconvénients
ExterneRecul clinique important
Nécessité de contrôle radiologique
Risque accru de dévissage
Mauvaise répartition des contraintes occlusales
Risque accru de contamination bactérienne
Stabilité réduite
InterneImpression tactile plus précise
Résistance mécanique importante
Stabilité de la connexion
Augmentation de l’herméticité bactérienne et respect de l’espace biologique
Cône morse
Stabilité optimisée
Protection de la vis de fixation
Meilleure résistance mécanique
Meilleur engagement anti-rotationnel
Augmentation de l’herméticité anti bactérienne
Etanchéité système à friction qui réduit les espaces entre la pièce prothétique et l’implant, la répartition des forces sur la paroi interne de l’implant réduit l’ouverture du micro gap.
Absence d’indexation

Conclusion

Le succès des thérapeutiques implantaires à long terme dépend de la qualité de l’acte chirurgical implantaire mais aussi de la qualité de la réalisation prothétique. Ce dernier critère est lié à la connexion implant-prothèse.

Aujourd’hui, la connexion interne prend le pas sur la connexion externe car ce type de connexion présente divers avantages. Il est plus facile à manipuler et surtout plus résistant mécaniquement. Ceci serait essentiellement due à l’augmentation de la surface de contact implant-pilier.

Le choix du système utilisé doit répondre à certains critères d’ordre biologique, esthétique et mécanique et doit permettre la maintenance à moyen et long terme de l’implant, et donc être le plus universel possible.

Néanmoins, retenons que la connectique parfaite n’existe pas ! Chaque fabricant propose son modèle mais c’est au praticien de prendre la meilleure décision !

 

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1 commentaire

  1. Arnaud de Baritault sur 24 mai 2018 à 16 h 50 min

    Merci

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