5 minutes avec le Dr. Gérard Dupeyrat

Gérard Dupeyrat       Médecin- Stomatologue -Implantologue
Dentisterie et Médecine esthétique
Pratique de l’implantologie bucco-dentaire et maxillaire depuis 30 ans.
Fondateur de la Clinique du Sourire il y a 27 ans.
Membre actif de la Société Française de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale.
Active member of American Academy of Osseointegration.
Active member of International Oral and Maxillofacial Surgery.

 

Le Dr Dupeyrat nous a reçu dans son cabinet à Paris pour répondre à nos questions. Découvrez son interview et sa vision de l’implantologie, de la communication praticien-patient, du tout numérique et de l’avenir de la dentisterie !

⬇L’interview écrit continu sous la vidéo ⬇

⬇L’interview continu ici ⬇

Vous posez des implants depuis longtemps et vous dites que c’est une opération délicate qui exige minutie et précision. Quelles sont d’après vous les difficultés opératoires liées à la pose d’implant?


C’est un acte qui chirurgicalement n’est pas important, comparé à la chirurgie maxillo faciale. Par contre, il faut être extrêmement vigilant, il existe des risques : les volumes osseux sont limités, les zones vont de 2-3mm à 25 mm en hauteur, donc c’est peu ; par rapport aux sinus, s’il y a un souci au moment de l’intervention, cela peut mener à une sinusite chronique; on peut également rendre un patient handicapé, si le praticien se trompe dans le forage et rentre dans le nerf mandibulaire.
Donc c’est évident que pour un remplacement de dent, on a pas le droit à l’erreur. Il faut bien observer les éléments radiographiques, prendre son temps pour poser le diagnostic et l’indication, voir quelle morphologie d’implant on doit poser, et ne pas se précipiter.

Je viens du Moyen-Âge de l’implantologie, le scanner et Cone beam n’existaient pas, on faisait des découpes sur les plâtres, on se débrouillait avec des radios panoramiques et les implants qu’on posait étaient tous en mise en charge immédiate.
Donc quand j’ai débuté, on a appris à prendre un maximum de précaution, il n’y avait à l’époque pas de notion de non échauffement de l’os, pas de titane pur. Ces précautions, je continue de les prendre, à savoir ne pas s’approcher d’organes très sensibles, bien observer la densité de l’os, toujours dans le but de poser des implants qui tiennent sur la durée.

Utilisez-vous la chirurgie guidée pour poser vos implants? Qu’en pensez vous?


Je n’utilise pas la chirurgie guidée, mais je pense que c’est quelque chose de bien. Quand on a pas beaucoup d’expérience, c’est souhaitable et nécessaire.
Il faut toujours pouvoir garder la main car si la praticien a une surprise, il doit savoir continuer sans le guide en bouche. On est dans un période d’essor de la robotisation médicale et chirurgicale, je pense qu’il ne faut pas rejeter ces évolutions techniques mais d’un autre coté, je pense que le tout robotisé est une erreur. Nous ne sommes pas arrivés à un stade suffisamment évolué pour se passer de l’expérience et de la main d’un chirurgien. Il m’est arrivé d’avoir des petites surprises même avec une vision sur ordinateur en amont. Donc je reste enthousiaste mais un petit peu réservé sur le tout numérique.

Pensez-vous que le recours au numérique au cabinet est une nécessité ou un luxe?


Je pense que le numérique est très bien. Le scanner aujourd’hui est d’une précision bien supérieure à la prise d’empreinte en silicone et c’est vrai que beaucoup de nouveautés ont permis une évolution considérable de la dentisterie. Mais il faut essayer de prendre du recul. Je pense qu’il faut faire son métier au mieux de nos capacités, et si certains se sentent mieux avec des ordinateurs, alors c’est une bonne chose. Ca apporte vraiment un plus au niveau diagnostic notamment.
Est-ce que c’est indispensable, peut être pas. Est-ce que c’est un luxe, non car je pense que ce n’est pas du tout inutile. Il faut utiliser tous les moyens nécessaires pour pousser à la meilleure pratique.
Il y a du positif et du négatif, j’utilise ce que j’estime être vraiment un plus, le reste j’attends un peu de voir ce que cela va donner.

Comment voyez-vous l’avenir de la dentisterie ?


C’est une super question parce qu’en ce moment, il y a quelque chose qui me passionne : la thérapie génique. Aujourd’hui à partir de l’ADN, on peut fabriquer une nouvelle dent.
Ce que j’aurais adoré, c’est que cette notion d’implantation de ce système évolue. C’était très bien parti , j’en ai parlé il y a 7-8 ans, mais aujourd’hui, ça n’a plus l’air d’avancer.
Pour moi, de la même manière que l’implantologie a été une révolution pour la dentisterie, il y a beaucoup à tirer de ces nouvelles révolutions pour la dentisterie et la médecine.
Malheureusement, il existe des intérêts divergents et contraires et l’éternelle notion de « clonage » qui dérange. Je ne veux pas rentrer dans ces débats, je suis médecin, et je pense que si on met des barrières bien précises , on restera dans le médical. Regardez, c’est un peu comparable aux grands brulés qui bénéficient de greffes de peau après culture de celle-ci !
Ces notions sont des vraies notions d’avenir, ca bousculerait le domaine dentaire car cela serait la fin de l’implantologie, des bridges. Mais au niveau de la conception elle-même, je trouve ça extraordinaire.
Cela me rappelle une chirurgie que j’ai réalisée. On avait des molaires qui étaient dans un état catastrophique et que l’on devait extraire. Le patient possédait toujours des dents de sagesses non évoluées avec le kyste d’éruption, donc ce que l’on faisait c’est qu’on extrayait la molaire, on créait une néoalvéole, puis on allait prélever la dent de sagesse avec le kyste et on implantait la dent de sagesse à la place de la molaire. Un an après, on avait une vraie molaire qui était présente sur l’arcade avec une formation des racines très progressive. C’était incroyable de reconstruire avec une molaire naturelle qui dure 10, 11 ans !
Je ne vais pas comparer cet acte chirurgical à la thérapie génique mais il y a un point commun, c’est le potentiel d’évolution extraordinaire à partir de l’être humain lui-même et ça c’est fabuleux !

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